jeudi 13 août 2020

Présentation


~ Qui suis-je...?  ~




Julie, trente hivers, maman, nomade.

Je me définis souvent comme une poète-photographe du Sauvage. 

Notre part Sauvage est à mes yeux celle qui, non muselée, offre d'accueillir pleinement nos émotions, d'être au plus près de nous-même et de demeurer en symbiose avec tout ce qui vit. La photographie est le médium par lequel je passe pour transmettre quelques bribes de ces connexions possibles entre l'humain, sa nature profonde, et le monde qui le porte. Parler de la Nature revient aussi à parler de la nature humaine, à mon sens il n’y a pas qu’une simple coïncidence dans cette homonymie. 
 

Alors je tente par ces images de rappeler la beauté brute du monde, l’humilité et le respect dont nous devrions faire preuve, et de mettre en lumière le lien matriciel et subtil qui nous lie profondément à ce monde sauvage et vers lequel nous sommes de plus en plus nombreux à tendre. Se rapprocher de la Nature, c’est aussi apprendre à redevenir Humains... Loin des conditionnements, loin du matérialisme, loin de l’asservissement de la société moderne, loin de tout ce qui nous éloigne de ce que nous sommes vraiment, des êtres libres, au potentiel infini, hautement connectés à ce qui nous entoure.

Ce n’est pas la quête de l’image qui conduit mes pas dans la nature, mais à l’inverse, mon amour des espaces sauvages qui nourrit ma créativité. J’anticipe très rarement d’avance les créations qui découlent de mes explorations, l’esthétisme ne primant pas sur le sens recherché, ni la technique sur l’intensité de l’instant vécu.

Puissent ces images trouver en vous quelque résonance…

vendredi 10 juillet 2020

La danseuse de l'ombre.


Autoportrait.

"Si j'effaçais les erreurs de mon passé, j'effacerais aussi la sagesse de mon présent."

Alors, il me reste la danse, pour saisir ce présent qui s'échappe et l'étreindre de toutes mes forces, sentir mon corps au plus près, au plus loin, et jaillir hors de moi, et oublier un instant ce qui me constitue, pour n'être plus que souffle, sensation, un petit météore qui n'aurait d'autre but que le mouvement pur.

lundi 8 juin 2020

La désobéissance fertile



On ne viendra pas à bout du système en voulant le détruire.
On en viendra à bout en construisant sans lui.

Les racines lunaires



lundi 20 avril 2020

Je suis une jeune femme blanche.


Je suis une jeune femme blanche. Mon enfance s’est déroulée dans une vallée où mes parents se sont établis de leur propre chef, et je peux prétendre y être comme chez moi lorsque mes pas à nouveau m’y mènent. Nul ne nous en a jamais délogés par la force, et nous sommes libres d’y demeurer comme d’en partir.

Je suis une jeune femme blanche, et comme beaucoup j’ai traversé d’intenses épreuves émotionnelles et physiques, et connu plusieurs expériences de discrimination dues à ma seule condition de femme. Comme toutes je porte les stigmates du Féminin meurtri. Mais jamais on ne m’a ni menacée ni violentée pour mes croyances, mes coutumes, mes traditions, ou par convoitise pour la terre de mes ancêtres. Je ne sais pas ce que cela fait, d’être membre d’une minorité, d’un peuple qui se meurt. De voir mes enfants emmenés de force au loin pour leur enseigner des dogmes et des lois qui ne sont pas les miens.

Je suis une jeune femme blanche. Je n’ai pas d’appartenance à un quelconque groupe religieux, mais peux relativement librement m’en clamer membre sans que cela ne mette en péril mes jours.

Et bien que jeune femme blanche, je me sens liée, profondément, à tous ces Humains traqués, chassés, intimidés, dispersés, disciplinés, assassinés. Que l’on a cru bon de civiliser. D’utiliser. Ou de faire disparaître.

Je me sens Inuite, Lakota, Aborigène, Sioux, Jarawa, Pygmée, Tibétaine, Hopi, Kalash, Palestinienne, Berbère, Kurde, et tellement, tellement, encore.

Mon coeur n'est pas celui d'une jeune femme blanche, mais celui d'un Etre humain, maillon d'une chaîne inextricable d'interdépendances et d'énergies en partage, et il bat avec eux tous.

L'ancien monde


Dix-neuvième jour de confinement.

~

Et après ? Que demeurera-t-il? Tirerons-nous les leçons nécessaires ?

« Maman, quand la punition sera finie, tu penses que les gens vont recommencer à faire n’importe quoi ? »
Ces mots, c’est ma fille de six ans qui les a prononcés ce matin. Ce sont les siens, je n’ai jamais abordé le virus ni le confinement en termes de punition.

Emotionnellement, mon état fluctue plusieurs fois par jour, me faisant passer d’allégresse à fatalisme, d’anxiété à sérénité, comme si de multiples personnalités prenaient la parole en moi.

Tantôt ma conscience militante se réjouit profondément du confinement de millions d’humains qui ainsi permet à la biodiversité de recouvrer ses droits et à la Nature de s’offrir une précieuse parenthèse. L’air a rarement été aussi pur à respirer, des dauphins jouent dans les lagunes de Venise, le seul fait d’y songer et de prendre mon thé au petit jour en observant la valse des abeilles dans les fleurs du merisier m’emplit d’une profonde paix. Je pense à tout ce qui est en voie de s'ouvrir et de s'éveiller en chacun de nous, comme un cadeau qui nous serait offert.

Et puis tantôt je songe dans un sursaut de pessimisme que les prises de consciences sont certes nombreuses, mais qu’il est hélas probable qu’à la fin de cette épidémie, tout redevienne à nouveau comme avant. Comment imaginer cela décemment? Brusquement, retourner travailler, consommer, et voter ? Je crois que c’est là ma plus grande source d’anxiété finalement : imaginer un Après qui n’aurait tiré aucune leçon d’une telle aventure. Surtout quand on constate la façon dont notre gouvernement, non content de gérer cette crise de façon déplorable et de pouvoir être tenu responsable de l’état dans lequel se trouvent nos hôpitaux, se faufile sournoisement dans la brèche, piétinant le code du travail et restreignant les libertés.

J’essaye de garder le cap. D’ouvrir les bras aux mille émotions différentes qui toquent à ma porte en festival chaque jour. De me rappeler combien je suis privilégiée de me trouver à la campagne quand bien d’autres n’ont pas même de balcon pour regarder le ciel. Je n'oublie pas ceux qui galèrent. On est tous dans la même embarcation à la dérive, avec les liens qui nous unissent et la rage constructive comme moteurs pour dessiner l'avenir.

L'étreinte des fougères


Keep your heart strong.


Voice of the lake



A écouter : https://www.youtube.com/watch?v=ZMZeVKlQZ6A

Les battements de mon coeur se relient au calme du lac que la glace étreint. Le temps s'étire, se cristallise, et tout devient plus paisible. Les esprits dansent au loin dans le brouillard. Dans la morsure exaltante du froid, chaleureusement je me relie à Toi...

Terre de mythes.



Il était un monde que recouvraient arbres et roches, que battaient vents et brumes. Un monde que d’anciennes créatures, dont on ne parle guère plus aujourd’hui, étaient libres de sillonner. Bien avant que l’humain ne s’aventure hors de la forêt, et ne cesse de croire aux légendes…

Une image qui s’éloigne, un peu, de ce que je réalise d’habitude, tout en demeurant partie intégrante d'un l’univers qui me traverse de part en part.

Danse de brume.



"Viens on va faire un tour
A travers la brume
Là où les esprits dansent
Au clair de lune..."

Entre les ombres.


jeudi 13 février 2020

Matrice



Se sentir fécondée par ce flot du mouvement, du rythme de l'eau qui danse sur la roche nue. Embrasser sa propre vulnérabilité, au coeur des éléments, devenir l'eau et la pierre, et se dissoudre dans l'instant pour revenir vers un grand Tout.

dimanche 22 décembre 2019

mardi 26 novembre 2019

Water, my blood


~ Autoportrait ~

Nous ne sommes ici que de passage, gouttes disparates issues d’une même source, à présent tous tellement isolés. Quelque part tapie au fond de nous, demeure cette nostalgie des temps primordiaux, quand l’Eau était indomptée, libre de couler, jaillir et sourdre, d’étendre ses lits, faire gronder ses cascades, chanter son ressac, courir ses ruisseaux. Quand sa pureté était entière et respectée. Quand nous nous rappelions encore, dans nos actes plus que dans nos paroles, que nous sommes ses enfants, et que c’est en elle que nos racines humaines puisent la Vie-même.

dimanche 27 octobre 2019

samedi 26 octobre 2019

Souvenirs d'un autre monde





La forêt, temple, havre, refuge. Humus, feuilles, troncs, racines. Odeur puissante de terre humide, de moisissure, de sève fraîche. Errance, encore, et encore, laissant une empreinte indélébile au plus profond de l’être. Poésie vivante. Mousse. Percées de lumière. Hêtres sans âge. Chênes tortueux. Acacias affutés. Bouleaux sereins. Amis silencieux, forces tranquilles. Tant que nous pourrons encore nous perdre au coeur des bois, l'espérance demeurera.

jeudi 26 septembre 2019

mercredi 31 juillet 2019

Paysage intérieur



Je suis le Rien qui peut enfin laisser l’Ame venir.
Vous savez ?
Ce vide que l’on s’échine à remplir, cette parenthèse suspendue où le mental s’insinue, ce lâcher-prise auquel on se refuse par peur de ne plus exister. Alors on colmate, on meuble, on façonne sa façade, on joue à qui sera le plus éveillé, le plus remarquable, le plus spirituel, le plus ceci, le plus cela. Tout sauf le vide, à tout prix, sinon on disparaît.
Alors que l’ingrédient secret, le fameux, en fait, ce n’est rien.
Justement rien. Tellement rien.
Ne plus chercher à.
Accepter d’être un peu nul. Pour pouvoir être, tout court.
C’est là qu’on se fissure, et que le miracle peut se produire.

vendredi 12 juillet 2019

« We are the daughters of the witches you didn’t burn. »



Au nom de toutes les femmes qui brûlèrent pour avoir osé déranger l’ordre établi, soigner par les plantes, penser par elles-mêmes, ou afficher leur goût pour la liberté. A celles qu’ils dénommèrent sorcières. Dans les cendres froides, leurs cœurs d’affranchies battent encore.

Et plus largement… A tous les esprits libres, les inadaptés, les marginaux, qui refusent l’étroitesse du système, le culte de l’apparence et les limitations mentales. N’oublions pas que notre feu intérieur brûle sans se consumer : faisons-lui en nous toute la place nécessaire. Alors seulement fumeront les ruines de l’ancien monde.

jeudi 30 mai 2019

vendredi 10 mai 2019

Nous contenons l'Univers


Univers... Peut aussi être... Vers l'Uni. Notre monde intérieur est similaire à celui de l’extérieur : en quelque sorte, l’univers se trouve en nous. C’est à partir de notre être intime, que nous sommes capables de ressentir l’infini. Et de nous connecter à ce qui nous entoure, au cœur d’un grand Tout.

jeudi 2 mai 2019

The Seed


En ce moment, je relis Le Prophète de Kalil Gibran, et un fameux passage résonne fort à chaque lecture, celui qui aborde le sujet des enfants, où il y est dit, entre autres : 

"Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même, Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas."

... Ainsi que : "Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous."

Lire cet extrait me remplit d'humilité, et me rappelle que vous souhaiter libres, mes enfants, c'est aussi accepter qu'un jour vous preniez peut-être un chemin différent du nôtre.

Nos choix et nos valeurs, nous avons à coeur de vous les transmettre. Mais on ne sait pas de quoi demain sera tissé. Peut-être aurez-vous envie de nous envoyer balader, nous, notre forêt profonde et nos grands principes. Peut-être que vous nous reprocherez un jour de ne pas avoir été des parents "normaux", ceux avec qui les choses sont certainement beaucoup moins alambiquées.

On aura seulement oeuvré à transmettre ce qui nous semble juste, essentiel, et précieux, dans ce monde à la dérive. Vous serez libres d'en faire ce qui vous semblera bon. Je vous souhaite seulement de vous sentir heureux dans les choix futurs que vous ferez, et de garder une petite place, nichée dans votre coeur, pour ne pas oublier d'où vous venez... Que vous avez été des enfants pieds nus par tous les temps, que la forêt était votre maison, qu’on n'avait pas la télévision mais un feu de bois qui crépite et des copains assis autour, que vous connaissiez les plantes bien avant de savoir lire, que le frigo était un pot en terre cuite, que dans notre yourte on bouquinait à la bougie. Et que des gens pour beaucoup cabossés, que la société pourrait juger voire rejeter, se sont comportés auprès de vous comme le ferait une vraie famille.

On aura planté quelques graines... Le reste vous appartient.

vendredi 11 janvier 2019

La route sera longue.


Autoportrait. 
Un jour, la gouvernance organique est venue tout bousculer.
Un autre jour, mes pas ont foulé la très lunaire Lanzarote.
L'un a conduit à ce texte, et l'autre, à cette image.

Traverser la douleur, la peine et la colère, plonger dans les émotions longtemps réprimées, se reconnecter à notre capacité à Aimer et à ressentir. C’est un voyage dans l’immensité du dedans, une exploration de paysages intérieurs aussi vastes que changeants, aux météos totalement imprévisibles. Mais les émotions ne sont ni négatives, ni positives, elles sont, simplement. Il s’agit de vivre ce qui doit l’être, car la souffrance s’engage non pas dans l’émotion, mais dans son refus. Comprendre, enfin, que le remède au désespoir, ce n'est pas l'espoir, mais l'élan de réaliser ce qui nous tient vraiment à coeur, l'aspiration à accomplir ce qui ne l'est pas encore ; elles sont des manifestations de force vitale qui jaillissent de l’intérieur.

Car… "Un coeur qui s'ouvre peut contenir tout l'univers."

Un jour qui me semble lointain, j’ai cru que la bonne route était celle qui m’éloignait des émotions que je jugeais pénibles. Un jour qui me semble proche, quelqu’un m’a rappelé combien ces émotions étaient nécessaires à la vitalité de l’âme, et me permettaient d’être vraie. A présent, je chemine. Même si la route sera longue.

jeudi 10 janvier 2019

Between sky and Earth


Forgive me father for I have sinned 
I'm a child of the air, I'm a witch of the wind 
And I'm still wide awake...

lundi 31 décembre 2018

samedi 15 décembre 2018

dimanche 21 octobre 2018

dimanche 7 octobre 2018

dimanche 9 septembre 2018

mercredi 13 juin 2018

samedi 10 mars 2018

The forest child.

Photographie en double exposition.
A l'occasion des quatre ans de ma fille ♥

vendredi 9 mars 2018